Les « Cascades de sang » dans le glacier de Taylor, en Antarctique, fascinent l’humanité depuis 1911, date de leur découverte. Longtemps restée un mystère, l’origine de ces coulées rouges vient d’être élucidée.

Les « Cascades de sang » fascinent l'humanité depuis 1911

Imaginez un glacier. Comme son nom l’indique, c’est un immense morceau de glace, donc complètement blanc. Imaginez maintenant un liquide écarlate s’écouler de son centre. Bizarre ? C’est pourtant ainsi que se présente le glacier Taylor, en Antarctique. Ce phénomène a été pour la première fois observé en 1911 par l’explorateur anglais Thomas Griffith Taylor. Depuis, l’humanité n’arrête pas de s’interroger sur l’origine de ces écoulements rougeâtres. Au fil des ans, les suppositions les plus folles ont été avancées, mais la science vient enfin d’apporter son lot de raisons. L’article qui fascine tous ceux qui connaissent ce phénomène naturel a été publié fin avril 2017 dans le Journal of Glaciology.

Les « Cascades de sang » précipitent la fonte des glaces polaires

Grâce à une technique appelée « écho-sondage », une équipe de chercheurs menée par Jessica Badgeley du Colorado College, aux Étas-Unis, a pu identifier une couche d’eau au sein même du glacier. Il s’agissait de déployer sur la surface du glacier des radars qui envoyaient des pulsations électriques dans son intérieur et d’observer comment ces pulsations s’y propageaient. Lorsque ces pulsations atteignaient l’eau sous forme liquide, le retour était différent. Conclusion des chercheurs : à l’intérieur du glacier est attrapée une immense couche d’eau qu’on pourrait comparer, dans nos contrées, à un lac souterrain.

Cette masse d’eau est riche en fer. Dès que l’eau sort à l’air libre, le fer s’en trouve oxydé, d’où cette couleur rougeâtre. Le phénomène n’est pas inquiétant en soi. Mais le fait que cette eau autrefois piégée à l’intérieur sorte à la surface, lui, est inquiétant, car le sel dilué dans cette eau (et qui l’empêche de geler) se propage, précipitant la fonte d’autres parties du glacier.