En 2016, 39 ours ont été recensés dans les Pyrénées. Si les associations de défense de l’ours se réjouissent de ce chiffre, les éleveurs de la région craignent la menace que fait peser la présence de cet animal sur leurs troupeaux.   

10 ours en plus par rapport à 2015

En 2016, 39 ours ont été recensés dans les Pyrénées françaises, soit 10 de plus qu’en 2015.  2 mâles résident dans les Pyrénées occidentales et 37 ours sont présents dans les Pyrénées centrales (14 femelles, 11 mâles, 10 oursons et 2 jeunes ours de sexe inconnu). Une population record dont se félicitent les associations de défense de l’ours. Ces dernières estiment en effet que 20 ans après la réintroduction des ours dans les Pyrénées, les chiffres actuels montrent que l’opération est un succès.

« Les Pyrénées sont bien un habitat favorable pour l'ours, les ours lâchés s'y sont bien adaptés, et la cohabitation homme-ours est réelle grâce au soutien de l'Etat et aux efforts des éleveurs et des bergers », a ainsi déclaré dans un communiqué l’association Pays de l’Ours – Adet, qui milite pour que davantage d’ours soient relâchés dans les Pyrénées.

Des ours supplémentaires seront-ils lâchés dans les Pyrénées ?

De nombreuses associations plaident pour que l’effort de repeuplement soit intensifié. Elles demandent que des ours femelles soient lâchées dans les Pyrénées, afin de favoriser les naissances et de limiter les « risques liés à la consanguinité ». L’association Pays de l’Ours – Adet considère ainsi que six femelles doivent être lâchées : deux dans les Pyrénées centrales où les deux mâles recensés vivent seuls depuis douze ans, et quatre dans les Pyrénées occidentales.

Néanmoins, la présence des ours dans les Pyrénées est loin de susciter un enthousiasme général. Les bergers, dont les troupeaux sont souvent attaqués, craignent ainsi les effets qu’aurait un renforcement du nombre d'ours dans la région. En juillet 2016, à Luz-Saint-Sauveur dans les Hautes-Pyrénées, 200 manifestants (des éleveurs, des chasseurs et des élus locaux) avaient demandé le retrait immédiat des ours après que l'un d'eux avait été, selon eux, à l’origine de la chute mortelle de 125 brebis. 

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