Le Climat vedette de la diplomatie mondiale
Trois rendez-vous consacrés au réchauffement climatique sont inscrits dans l'agenda des dirigeants de la planète cette semaine aux Etats-Unis, où l'attention se portera avant tout sur la manière dont Washington entend concrétiser sa promesse d'endosser un rôle majeur face à ce défi.
La question centrale demeure la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment les rejets de dioxyde de carbone par les centrales thermiques et le secteur des transports. Mais pour parvenir à ce résultat, la communauté internationale se divise entre les partisans d'objectifs chiffrés et obligatoires - c'est la logique du protocole de Kyoto - et les avocats d'une approche volontaire. Le premier rendez-vous est fixé lundi au siège new-yorkais de l'Onu, où, en marge de la 62e Assemblée générale, Ban Ki-moon a convoqué une réunion de haut niveau sur les changements climatiques.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, compte mettre les dirigeants du monde devant leurs responsabilités lundi à New York, pour briser l'impasse menaçant une prochaine conférence mondiale sur le réchauffement climatique à Bali (3-14 décembre).La rencontre qui regroupe quelques 15 pays dont 80 représentés par leur chef d’Etat, à la veille de l'ouverture de la 62e session de l'Assemblée générale de l'ONU, s'intitule "L'avenir entre nos mains: les changements climatiques, un défi à relever pour nos dirigeants". Les pays européens, en tête des Etats industrialisés en termes d'engagements pour réduire les émissions polluantes, devraient pousser à un accord global en vue d'un réel progrès lors de la conférence de Bali. "Il faut progresser rapidement et parvenir à un accord décisif d'ici à 2009 afin qu'il puisse entrer en vigueur d'ici à la fin 2012", a-t-il dit. "Il ne faut pas laisser un vide se créer après l'expiration du Protocole de Kyoto."
Harlan Watson, principal négociateur de l'administration Bush pour les questions liées au climat, estime que l'heure est venue de dépasser le stade des discussions pour tenter de définir un mode d'action."Nous sommes en train de dépasser le niveau conceptuel et nous voulons aborder le niveau où l'on retrousse ses manches, sortir du dialogue et voir comment nous pouvons concrètement construire une architecture pour succéder à la première période d'engagement de Kyoto qui s'achève en 2012", a-t-il dit vendredi lors d'une rencontre avec la presse.
De Kyoto à Bali
Signé en 1997, le Protocole de Kyoto engage 36 nations industrialisées à réduire de 5% d'ici 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. George Bush, qui en a retiré les Etats-Unis en 2001, s'est toujours opposé au modèle de Kyoto qui, estime-t-il, pénalise injustement les pays riches et exonère les pays en voie de développement comme la Chine ou l'Inde, au risque de détruire de l'emploi dans les économies liées par cet accord.
Le mécanisme de Kyoto expire en 2012. La réunion de Bali qui rassemblera les parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) du 3 au 14 décembre se penchera sur le modèle censé lui succéder. Seront présentes cette fois les grandes puissances économiques. La Maison blanche n'a pas rendu publique la liste des participants. On ignore donc à quel niveau de responsabilité les pays concernés seront représentés.
Entre l'Onu et Washington, la fondation de l'ancien président Bill Clinton a intercalé une autre conférence de haut rang sur le climat, étalée entre mercredi et vendredi. L'objectif de cette initiative veut briser les barrières politiques partisanes est de faire échanger entre eux des industriels, des responsables politiques, des universitaires et des acteurs du mouvement des ONG.
Que ce soit à l'Onu, à New York ou à Washington, l'attitude des Etats-Unis sera étroitement observée par les acteurs de la lutte contre le changement climatique.
"A moins que les Etats-Unis ne décident d'être un acteur majeur et engagé de ce dossier, et ne prennent des engagements très spécifiques à la hauteur de cette ambition, le reste du monde restera pour l'essentiel caché dans les jupes des Etats-Unis à ne rien faire", souligne Tim Wirth, de la Fondation des Nations unies. "Par conséquent, tout ce que les Etats-Unis feront et la manière dont ils décideront d'entrer dans les négociations (de l'après-Kyoto) seront tout à fait révélateurs de l'avenir des négociations climatiques et, je le crois, du destin de la planète."
Source Reuters