La menace au Groenland : une fonte de plus en plus rapide due au réchauffement climatique
Ce lundi 1er septembre c’est la rentrée et c’est aussi le jour qu’a choisi l’ONU pour sortir son rapport sur les menaces qui pèsent sur les glaciers à cause du réchauffement climatique.
« La plupart des montagnes du monde entier risquent de perdre leurs glaciers d'ici la fin du siècle si le réchauffement climatique se poursuit au train actuel » voilà les principales conclusions du rapport de programme de l’ONU pour l’environnement UNEP. Des variations naturelles entre périodes de glaciation et de réchauffement ont toujours été observées dans l'histoire de la terre mais les tendances actuelles observées de l'Arctique à l'Amérique du sud en passant par l’Europe centrale sont d'un ordre différent.
"La tendance actuelle au niveau mondial d'une fonte rapide des glaciers, voir même en accélération, à l'échelle d'un siècle, est plus probablement déconnectée des périodes climatiques naturelles et peut mener à la fonte d'une grande partie des glaciers d'ici la fin du XXIème siècle", ont averti les experts de l'UNEP.
Entre 1996 et 2005, les glaciers ont perdu en moyenne l'équivalent en masse d'un mètre d'épaisseur d'eau, ce qui représente le double de la fonte observée durant la décennie antérieure (1986-1995), et plus de quatre fois la masse perdue de 1976 à 1985.
Concernant le Groenland des scientifiques n’écartent plus désormais la perspective d’une fonte à grande vitesse de ses glaces entrainant alors une montée des eaux qui submergerait une grande partie des régions littorales du globe.
Dans une étude publiée dimanche en ligne sur le site de la revue Nature Geoscience, une équipe américaine rapporte qu'à l'ère glaciaire, la grande banquise des Laurentides qui recouvrait alors la majeure partie du continent nord-américain avait fondu beaucoup plus rapidement qu'imaginé, déversant des milliards de tonnes d'eau dans les océans et selon les estimations le niveau de la mer s’éleverait de 7 mètres contre 3,3mm par an aujourd’hui.
Cette découverte soulève de graves interrogations sur la pérennité future du Groenland, puisque la fonte des Laurentides avait été provoquée par une hausse des températures qui pourrait bien se reproduire d'ici la fin du siècle, expliquent ces chercheurs.
Dans son 4è rapport publié en 2007, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC: expertise croisée multinationale mandatée par l’ONU Prix Nobel de la Paix 2007, NDR), a renoncé à chiffrer la hausse possible du niveau des océans au 21è siècle du fait des inconnues pesant sur l'évolution du Groenland et sur l'Antarctique, les deux principales réserves de glaces du globe.
Les scientifiques font valoir que le Groenland est une île baignée par des eaux froides et que sa géologie n'est pas celle de l'Amérique du nord: par conséquent l'expérience des Laurentides ne devrait pas se rééditer exactement dans les mêmes termes.
Cependant, les projections les plus élevées du GIEC pour la fin du siècle sont conformes aux données connues qui ont provoqué la disparition de la banquise aux Laurentides, soulignent-ils. D'autant que le Groenland est de taille nettement plus modeste.
Pour les spécialistes des sciences de la Terre, Mark Siddall et Michael Kaplan, ces nouveaux travaux "laissent penser qu'une fonte du Groenland de l'ordre d'un mètre par siècle ne peut plus être écartée".
Source AFP