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Le Groenland révèle les symptômes du réchauffement climatique : Il fond.
Quelles sont les conséquences sur les courants marins et le climat ?
Alors qu’une grosse vague de froid s’abat sur la France, partons là où il fait sans doute le plus froid au Groenland ! Synonyme du grand blanc du grand froid : mais pour combien de temps ? |
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On parle d’urgence climatique à cause des phénomènes extrêmes et violents observés. De l’idée de menace climatique il faut se préparer à avoir une culture de risque météo |
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D’ un côté il y a la météorologie qui nous permet de suivre les prévisions météo avec le temps qu’il va faire. De l’autre côté il y a la climatologie : c’est l’étude de l’ensemble des données de météorologie sur lesquelles les scientifiques planchent pour nous offrir une visibilité climatique. Et avec le réchauffement climatique justement ces scientifiques commencent non seulement à être de plus en plus consultés mais surtout écoutés. Sans être désabusés, les scientifiques et les climatologues restent alarmistes car le scénario climatique ne prend pas belle allure et les scénarios envisagés nous amènent à 2080 : peut-être pas plus loin pour ne pas envisager le pire ! Quoique les avis divergent… |
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D’après Hubert Gallée, climatologue au laboratoire de Glaciologie de Grenoble groupe modélisation atmosphérique, « nous allons de surprise en surprise » . Ce chercheur belge de 53 ans va nous éclairer sur ce vaste sujet mal défini. La glace et la fonte glaciaire sont sa spécialité, Mr Gallée est diplômé de l’université de Louvain en Belgique. Il a longtemps travaillé sur l’Antarctique en analysant les conséquences du réchauffement climatique et ses études se sont portées petit à petit sur la fonte des glaces au Groenland. Son premier constat à partir des simulations numériques qu’il réalise c’est qu’il y a plus de fonte dans le GROENLAND depuis les années 80. Aujourd’hui il définit « la situation comme inquiétante mais pas surprenante, car si les phénomènes en effet s’accélèrent il n'en va de même de la part de l’homme qui ne réagit pas aussi vite et se laisse volontiers surprendre par ces phénomènes » .
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Hubert Gallée, climatologue |
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« Je crée des modèles où j’utilise tous les champs possibles afin de faire des analyses et d’envisager les scénarii possibles. Nous avons ainsi au moins 4 scenarii possibles d'émission de gaz à effet de serre mais nous aurons toujours une fourchette d’incertitude : seul responsable le comportement humain qu’on ne peut pas prévoir et c’est lui le plus gros fautif du réchauffement. Mais bien sûr on peut prévoir des choses plausibles !» |
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Et Hubert Gallée partage l’avis général des scientifiques et en particulier sur ce qui se passe au Groenland, un territoire de plus de 2 millions de km2 recouvert à plus de 80% par une calotte glaciaire qui commence à fondre. Au Groenland, où la température la plus chaude relevée en moyenne sur l’année est de +7° en juillet, le phénomène semble s'être amorcé depuis le début des années 80 et n'a fait que s’accélérer ces 25 dernières années selon les observations. La hausse des températures s'accompagne d'une intensification de la fonte de la calotte en été. Ce serait ainsi environ 80 kilomètres cubes de glace (pour un volume total estimé à trois millions de kilomètres cubes) que perdrait le territoire danois chaque année. « La fonte est encore faible et d’ici la fin du siècle ce n’est pas la fonte du Groenland qui interviendra sur l’élévation du niveau de la mer, puisqu’elle aura apporté à l’océan 1cm en plus en 2040 et 4 cm en 2100 ».
Mais 2007 est une année catastrophique où tous les records de fonte ont été battus, à tel point que tous les scientifiques se demandent s’il n’y a pas un phénomène d’emballement non prévu par les modèles : « C’est un peu tôt pour le dire car on ne peut pas se reposer sur la seule année 2007 pour discuter des 10 à 15 années suivantes. Mais on ne peut pas dire non plus « On ne s’y attendait pas ! », non on ne peut plus dire ca ! L'eau de fonte du Groenland se déverse dans l'océan atlantique et commence à modifier ses propriétés. Même si aujourd’hui l'augmentation des précipitations en Atlantique Nord est le phénomène qui prime, une accélération de la fonte du Groenland est un point très important . Ce qui est sûr c’est que le transport de chaleur par les courants marins va être malmené par les tonnes d’eau douce supplémentaires qui se déversent de plus en plus dans l'océan ».
Cette hypothèse du ralentissement de la circulation océanique est prise très au sérieux par les scientifiques. Et concrètement voilà ce que cela donnerait : à parler du fameux Gulf Stream. Le Gulf Stream fait partie des courants marins qui répartissent la chaleur autour du globe, tout comme l’atmosphère. D'après des calculs, les courants océaniques relâchent à nos latitudes en hiver une bonne partie de la chaleur emmagasinée sous les tropiques. Voilà pourquoi nos hivers sont doux. Va-t-on pour autant vers un renversement de cette situation? « Il ne faut pas y compter: si un ralentissement de la circulation atlantique a lieu, cela ne se traduira que par une atténuation du réchauffement climatique en Europe, et seulement en hiver. Par contre l'océan atlantique pompera moins le dioxyde de carbone émis par l'homme. Et celui-ci se restera en plus grandes quantités dans l'atmosphère ». Alors gare aux risques d'emballement de la machine climatique….
propos receuillis par Roxane Grioche |
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Les chercheurs estiment que le processus de réchauffement des eaux arctiques est auto-entretenu. Les eaux plus chaudes de l’atlantique et du pacifique remontent vers le Nord et accentuent la fonte des glaces. Or la banquise, grâce à sa couleur blanche réfléchit 85% du rayonnement solaire et contribue ainsi à réduire le réchauffement climatique. L’eau ne renvoyant que 7% de ces rayonnements. Selon ces scientifiques il est peut-être déjà trop tard pour contrer le réchauffement et permettre à court terme à la banquise de se reformer au même niveau que celui d’il y a 25 ans. |
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The « Greenland »– «Terre verte» – pourrait plus que jamais mériter son nom. La calotte glaciaire, qui recouvre 82% de ce territoire de plus de 2 millions de KM2, se réduit en effet d'année en année sous la pression du réchauffement climatique imputable à l'augmentation des gaz à effet de serre émis par l'homme depuis plus de 100 ans. C'est en tout cas l'avis de la majorité des scientifiques.
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