Corinne Bitaudeau. Directrice agence Véolia Pays de Retz, Atlantique sud.
« Veolia Eau intervient à Pornic comme opérateur des services d’eau et d’assainissement dans le cadre d’un contrat de délégation de service public. Nous avons donc travaillé depuis plusieurs années, à la demande de la municipalité, sur la collecte d’eaux usées mais aussi sur le réseau des eaux pluviales, avec la création de bassins tampon et de captages d’eaux de pluie. Veolia a de même lancé beaucoup de recherches avec le maximum de données afin de savoir « pourquoi et comment » les pollutions peuvent se produire sur le littoral. Les plages de Pornic s’avèrent en effet très sensibles à la pollution à cause de la géographie du littoral : des petites criques très fermées où les flux d’eau circulent plus lentement que dans des grandes plages ouvertes. Les pollutions dans ces criques sont liées au temps de pluie: c’est là que les concentrations en bactéries augmentent. La municipalité, très concernée par la qualité des eaux de baignade et soucieuse de la bonne qualité de l’accueil touristique en général, a donc opté pour la mise en place d’une stratégie de surveillance basée sur des relevés ColiplageTM *3 fois par semaine sur 3 plages différentes. Les prélèvements sont toujours faits à marée haute et à des heures différentes, puisque les marées changent chaque jour. Cette méthode est reconduite chaque année à la demande de la ville de Pornic et permet d’assurer une surveillance préventive et réactive efficace pour les baigneurs.
Enfin Corinne nous confirme : « le drame de l’Erika marque encore les esprits ».
C’est un vieux souvenir mais encore choquant pour toute la population locale, qui s’est armée de patience et de courage et la qualité d’accueil des touristes n’a jamais été altérée.

Thierry Witkowicz : Directeur Développement région Paca-Corse Veolia Eau :
« Parmi de nombreuses applications de gestion de la qualité des eaux de baignade en Méditerranée misent en place ces dernières années, citons Mandelieu la première référence dans les Alpes Maritimes. Nous avons démarré la gestion des eaux de baignade en 2005 sur deux plages, Mandelieu souhaitant démarrer par le commencement, à savoir l’établissement des profils de vulnérabilité, acquérir suffisamment d’expérience pour mettre en place, le cas échéant, une organisation sans faille de gestion de crise et juger de la pertinence de la méthode. La méthode ayant été jugée pertinente par les Mandolociens, l’année suivante, l’expérience a été étendue à toutes les plages de Mandelieu. Juste après le 14 juillet 2006, en pleine saison estivale, la méthode a été plus qu’utile car elle a permis de détecter une pollution arrivant de la mer à 7H00 du matin avant même l’arrivée des baigneurs. Nous avons donc pu les avertir et éviter ainsi le risque sanitaire. Immédiatement nous avons cherché d’où pouvait provenir cette pollution. Nous avons donc consulté nos profils de vulnérabilité, avons déclenché des opérations de contrôle sur les différents points représentant un risque de pollution et vers midi avons conclu que cette pollution ne pouvait provenir que du large. Après avoir pris contact avec les communes , cette nappe de pollution venait effectivement d’une commune voisine. Commune voisine qui bien entendu n’avait pas pu détecter la pollution et donc n’avait pas fermé ses plages. Nous avons continué à vérifier toutes les heures la qualité des eaux de baignade sur Mandelieu et avons communiqué lorsque la qualité des eaux de baignade était redevenue parfaite. Il valait donc mieux se trouver à Mandelieu ce jour là plutôt qu’ailleurs...
Cette année l’opération est reconduite mais devant un tel engouement des baigneurs, il a été décidé de communiquer les résultats sur un panneau spécifique et en profiter pour sensibiliser les estivants à l’environnement et à la qualité de leurs eaux de baignade, tout ceci dans une démarche de développement durable globale ».

En voyant le LOGO surf rider foundation on pense biensûr à quelques surfers au physique étonnant allongés sur leurs planches scrutant la plage depuis leur ligne de départ pour attraper la vague
et se laisser glisser portés par la force de l’océan. Oui mais ce qu’on sait moins c’est que ces surfers, ces passionnés, une fois le pied posé sur la plage agissent… Et La fondation qui a été créée depuis rassemble de nombreux bénévoles à travers la planète unis et réunis sous les même couleurs de l’action littoral. Sur le terrain aujourd’hui surf rider est passé de 4 à 17 salariés, preuve qu’aujourd’hui il y a une prise de conscience générale et une mobilisation pour tout ce qui concerne la défense de l’environnement et sa protection. Et pour nous le prouver Olivier Barrière : Mr Environnement de l’Association, nous éclaire sur une eau claire…ou pas ?
Météocity : Quelles sont vos principales actions ?
Olivier Barrière : Nous avons deux pôles principaux d’action : l’environnement en destination des collectivités de l’Etat et de l’Europe, notre objectif étant de sensibiliser le plus possible toutes les populations aux enjeux de l’environnement. Ce qui passe par le 2ème pôle : l’éducation, plus à destination des jeunes publics, on intervient dans les milieux scolaires avec un des coffrets ludiques auprès des enfants comme par exemple leur faire prendre conscience du réchauffement climatique..
Enfin concernant la qualité de l’eau nous travaillons selon deux axes : premièrement : la protection du littoral, deuxièmement : l’aménagement et qualité de l’eau.
Météocity : Parlons-en de la qualité de l’eau : parmi vos actions vous avez créé des laboratoires d’analyses, Pourquoi ? Vous n’étiez pas satisfait des analyses menées ?
Olivier Barrière : En effet nous ne sommes pas satisfaits des analyses menées, d’abord elles devraient être plus poussées et surtout les analyses sont bactériologiques et non sur les composants chimiques , ce que nous jugeons insuffisant. En plus il faut savoir que la surveillance et les analyses ne sont faits qu’en période estivale et pourquoi pas toute l’année ?
Il faut noter que les relevés sont effectués dans les zones de baignade uniquement, ce qui est trop localisé, sachant que les sports nautiques comme la planche à voile ou le surf se pratiquent hors zone de baignade.
D’où en effet notre idée de développer des laboratoires d’analyses.
Météocity : Comment fonctionnent ces labos ?
Olivier Barrière : D’abord ce sont des bénévoles qui font les prélèvements la plupart du temps dans des zones
d’activités nautiques et surtout les prélèvements se font toute l’année. Ensuite les analyses sont pratiquées dans des laboratoires indépendants mais suivant un protocole très strict comme se font les analyses de la DDAS, soit la référence. Ça nous permet un suivi à l’année et le fruit de notre travail on le partage en collaboration avec les collectivités qui sont très attentives aux résultats… Voici un exemple : on a mis en place un « défi territorial » sur la côte Basque. Cette initiative réunit 3 acteurs principaux : le département 64, la région et l’agence de l’eau et dans le réseau de suivi ils prennent en compte les zones d’activités nautiques et plus seulement les zones de baignades. Car on est d’accord pour dire que si une plage est touchée par une pollution, cette pollution se déplace et s’étend sur une zone entière.
Nous avons crée également un observatoire dans le cadre du Grenelle de l’environnement, en collaboration avec une autre association la FNE : France Nature Environnement. Nous pensions qu’en effet, à la sortie du Grenelle les questions du littoral et des océans ont été oubliés, nous avons ainsi monté une initiative au plan national « initiative Océane » »
Je pense que la solution de prendre soin du littoral viendra sûrement des Associations et ONG plus écoutées par les gouvernements européens. Ainsi l’association Surf rider fondation a un projet de labo à Bilbao (…) et en comparant en Europe on assiste aux disparités entre la Suède où l’aménagement du territoire est très avancé, par rapport à l’Italie où beaucoup plus d’actions sont menées, seulement maintenant et la représentation de notre association y est beaucoup plus forte aujourd’hui !
Propos recueillis par Roxane - Météocity